Argument
Depuis plusieurs mois, les associations nationales représentatives des Point-Accueil-Écoute-Jeunes (ANPAEJ), des Espace Santé-Jeunes (Fédération des ESJ), et des Maisons des Adolescents (ANMDA) se réunissent pour réfléchir ensemble aux évolutions actuelles concernant les politiques publiques à l’égard des différents dispositifs en charge d’accueillir le « mal être » de la jeunesse, quel que soit son expression, souffrance sociale, scolaire, éducative, somatique ou psychique. Malgré l’accent mis sur la prévention dans les discours politiques, les financements dédiés à cette prévention et aux dispositifs d’accompagnement des jeunes sont mis en question. Outre de porter le discrédit sur ces politiques, ces discours ne peuvent plus masquer ce que chacun des acteurs peut constater sur les territoires en terme de fermeture ou de disparition de dispositifs majeurs pour la cohésion sociale et la bonne santé des jeunes. Les constats de mal-être d’une partie des jeunes1 réitérés depuis de nombreuses années et confirmés régulièrement par de nouveaux rapports, font état de la nécessité d’intervenir le plus en amont possible des « situations de crises », c’est-à-dire de manière préventive et en s’appuyant sur des propositions d’accueil à l’accessibilité aisée et non stigmatisantes. Issus de ces constats, les PAEJ, puis les ESJ et enfin les MDA ont tous, chacun pour ce qui le concerne, la mission de prendre en compte cette nécessité de facile accessibilité et d’accueil généraliste des adolescents. Portés nationalement par des textes les initiant et les règlementant, leur création a toujours été inscrite dans une histoire partenariale et dans un territoire donné avec des financements diversifiés (pour une part, des crédits d’État, aujourd’hui DGS et DGCS, pour une autre part, des crédits issus des collectivités territoriales, Conseil Général, ville…). Le contexte d’aujourd’hui, de « désengagement » de l’État à la dotation des PAEJ2, de mise en place des ARS ne permettant pas une visibilité des renouvellement de certains financements (FIQCS3 notamment), de contraintes budgétaires des collectivités territoriales, inquiète les associations et les structures porteuses juridiquement et financièrement de ces dispositifs . Au-delà des constats et inquiétudes partagés, le rapprochement de nos associations nationales et ce séminaire ont pour objectif de nous permettre d’élaborer ensemble un argumentaire soutenant le bien-fondé de nos activités, l’articulation et les complémentarités de nos dispositifs dans ce que nous convenons de nommer « un continuum d’accueil et d’accompagnement des jeunes, de la prévention aux soins ». Nous nous proposons de réfléchir aux questions suivantes : Quelle évolution des politiques publiques en faveur des jeunes et de leur santé ? Quelle cohérence peut-on y apercevoir aujourd’hui ? Quels en sont les paradigmes fondateurs ? Quelle place pour les dispositifs d’aide, d’accompagnement et de prise en charge que sont les PAEJ, les ESJ et les MDA ? quelles articulations et complémentarités dans le continuum prévention/soin ? Quels arguments pour valider la nécessité d’un « bon maillage » territorial de sorte à ce que nos dispositifs puissent mettre en oeuvre ce continuum avec efficience ? Pour Répondre à ces questions, la journée s’organisera autour des étapes suivantes : Un texte servira de base au travail de ce séminaire. Il sera rédigé en amont par les associations organisatrices Deux contributions de spécialistes des Politiques Publiques en faveur des jeunes sur les volets social et santé. L’animation de ces travaux par un spécialiste de l’évaluation des Politiques Publiques. La présentation de nos propositions aux représentants des différents ministères en charge de la jeunesse. Notre volonté est que ce travail puisse servir à une meilleure prise en considération des besoins de la jeunesse qui se traduirait au minimum sous forme d’un décret à portée interministériel qui poserait les orientations et fournirait les moyens financiers pour leur mise en oeuvre.
1. Le dernier rapport de la défenseure des enfants … 2. 4 régions n’ont pas bénéficié d’enveloppe PAEJ au titre de 2010… 3. Fonds d’Intervention pour la Qualité et la Coordination des Soins
PROGRAMME : 09h30 : Accueil
Animation de la journée Louis Dubouchet Spécialiste de l’évaluation des politiques publique 10h00 : Quel Portage ? Quelle cohérence ? Quelle Pérennité ? pour les dispositifs en charge d’accueillir la jeunesse A partir d’un texte élaboré par les associations organisatrices et des interventions : de Fabienne QUIRIAU Directrice de la CNAPE de Patricia LONCLE Sociologue, chercheure à l’EHESP de Jacques OBERTI (Sous réserve) – Elu communautaire en charge de la jeunesse Faire un état des lieux des politiques publiques actuelles : Examiner les constats et mettre en évidence les paradigmes qui justifient ces politiques.
Proposer notre contribution :
Démontrer la pertinence de la notion d’un « continuum entre prévention et soin » et sa capacité à prendre en compte les besoins des jeunes et de leur famille.
12h45 : Pause déjeuner
14h00 : Quel maillage territorial ?
pour la mise en oeuvre efficiente d’un continuum Prévention/Soin A partir de 3 présentations brèves (15mn) d’un PAEJ, d’un ESJ, d’une MDA, nous débattrons de la manière dont ces dispositifs peuvent tenter de répondre ensemble, chacun de sa place aux différents besoins des jeunes sur un territoire donné. Il s’agira de répondre aux 4 questions suivantes :
1/ Quelle analyse territoriale des besoins ont été réalisées en amont des décisions « politiques » de mise en oeuvre de tel ou tel dispositif ?
2/ Quels « acteurs » de terrains ont contribué à ce diagnostic et à partir de quelle « organisation » ?
3/ Quelles articulations et complémentarités ont été pensées entre ces acteurs pour définir les missions et rôles de chacun et pour favoriser la fluidité au sein de ce continuum.
4/Quelles difficultés ont été rencontrées et comment les questions de possibles « concurrences » ont été prise en compte ? 16h00 : Rencontre avec les représentants des ministères concernés
Intervention des 3 Associations Nationales :
1/ Cohérence d’action entre Prévention et Soin : La distinction des champs est aussi nécessaire que leur articulation. Leur différenciation est la condition de leur complémentarité.
2/ Présentation de notre contribution pour améliorer les politiques publiques en faveur de la jeunesse.
18h00 : Conclusion de la journée par les Présidents des Associations
